Les actus oubliées du weekend

Application contre les violences policières, 46e anniversaire de révolution des “œillets” au Portugal, autonomie du sud Yémen, mosquées utilisées comme point de collecte de sang aux Etats-Unis : voici les informations du weekend éclipsées par le coronavirus.

  • L’application UVP, qui lutte contre les violences policières, disponible sur IOS

L’application Urgences Violences Policières (UVP) est désormais disponible sur le système d’exploitation d’Apple iOS. Lancée en mars dernier par l’Observatoire National des Pratiques et Violences Policières (ONVP), cette application permet de filmer en direct les interventions policières et de stocker les images sur le serveur de l’association. 

Interviewée pour l’Obs, Amal Bentousi, membre de l’ONVP, explique que ces vidéos peuvent servir de preuves”en cas d’enquête judiciaire. Sans ces images, elle estime qu’il est “très difficile de poursuivre en justice”. Conservées par géolocalisation, elles ne peuvent être supprimées : “Souvent, les agents filmés confisquent les téléphones et tentent d’empêcher l’enregistrement, voire le suppriment”, ajoute-t-elle.

Fin mars, plusieurs ONG, parmi lesquelles Human Rights Watch et la Ligue des droits de l’Homme, ont alerté le ministère de l’Intérieur sur les multiples violences commises en banlieue pour faire respecter le confinement. 

Alors que 880 personnes sont mortes du coronavirus au Portugal, les manifestations pour fêter la fin de la dictature salazariste ont été interdites samedi 25 avril. C’est aux fenêtres que les Portugais ont tenu à célébrer la révolution des “œillets” qui a eu lieu il y a 46 ans.

  • 46e anniversaire de la révolution des « œillets » au Portugal
La révolution des “oeillets” tient son nom d’un rassemblement proche d’un marché aux fleurs de Lisbonne. Les militaires ont muni leurs fusils de ces fleurs, devenant l’emblème de cette insurrection. © Wikipédia

Au Parlement, par mesure de précaution, les responsables politiques se sont réunis en petit comité. Ce rassemblement n’a pas manqué de susciter de vifs débats, les membres de la droite estimant qu’il ne devait pas se tenir. Le président Marcelo Rebelo de Sousa a rappelé son importance : “C’est en ces temps exceptionnels de douleur, souffrance, deuil, séparation et confinement qu’il importe le plus d’évoquer la patrie, l’indépendance, la République, la liberté et la démocratie.”

La révolution des “oeillets a débuté le 25 avril 1974 lorsque la chanson interdite par le régime “Grandôla, vila morena de José Alfonso est diffusée à la radio. Les militaires, las des conflits coloniaux du Portugal, lancent l’insurrection. Soutenus par des milliers de Portugais descendus dans la rue, la dictature dirigée par Antonio Oliveira Salazar jusqu’en 1968, puis par Marcelo Caetano prend fin lorsque ce dernier part en exil. Les Portugais auront vécu 48 ans sous ce régime autoritaire.  

  • Au Yémen, les séparatistes du sud proclament l’autonomie

Le Yémen, qui a connu son premier cas de coronavirus début avril, s’enfonce dans la crise. Dimanche 26 avril, les séparatistes du sud ont proclamé l’autonomie de la région après l’effondrement d’un accord de paix avec le gouvernement. 

La guerre yéménite, débutée en 2014, oppose les rebelles Houthis au nord, soutenus par l’Iran, aux forces gouvernementales au sud, soutenus par l’Arabie Saoudite. Le sud est lui-même divisé entre le gouvernement en exil et un mouvement séparatiste, le conseil de transition du sud (STC). 

En novembre dernier, les deux parties ont signé un accord visant à intégrer les membres du STC dans le gouvernement. En échange, celui-ci aurait pu s’installer de nouveau à Aden, la capitale provisoire depuis la perte de Sanaa. Le mouvement séparatiste estimant que l’accord n’a pas été respecté a proclamé à minuit l’indépendance de la région. 

La rupture entre le STC et le gouvernement en exil intervient alors que l’Arabie Saoudite et les Houthis ne sont pas parvenus à mettre en place un cessez-le-feu pour limiter la propagation du coronavirus. Les combats ont continué dans ce que les Nations Unies estiment être la pire catastrophe humanitaire au monde. 

Situation du Yémen en février 2019 : en jaune, se trouve la zone revendiquée par le mouvement séparatiste du conseil de transition du sud (STC). © Wikipédia
  • Des mosquées se transforment en centres de collecte de sang aux États-Unis

Le Ramadan a débuté dans des conditions particulières ce vendredi 24 avril. Rassemblements interdits et mosquées fermées bouleversent les habitudes des musulmans du monde entier. Aux Etats-Unis, la communauté ahmadie, mouvement réformiste musulman, en a profité pour aider les hôpitaux du pays en manque de dons du sang. 

62 mosquées se sont transformées en structure pour collecte de sang après l’appel au don de la Croix-Rouge américaine. Outre-atlantique, les morts du coronavirus s’élèvent aujourd’hui à 55 000 et l’association internationale estime que 15 000 dons font défaut quotidiennement. 

L’association plaide pour des dons du sang de personnes immunisées afin d’aider les patients sévèrement atteints par le Covid-19. © Capture d’écran du site de la Croix-Rouge américaine

La communauté ahmadie, est connue aux Etats-Unis pour ses actions de sensibilisation pour lutter contre les préjugés qui touchent les musulmans. Après les attentats du 11 septembre, les fidèles avaient lancé une vaste campagne intitulée “Muslims for peace”.