Le Pentagone déclassifie des vidéos d’Ovni

En avril dernier, le Pentagone a dévoilé des images troublantes. Trois vidéos montrent des formes distinctes se déplaçant dans le ciel rapidement et disparaissant soudainement. Ce que le département de la Défense des États-Unis (DoD) a qualifié de “phénomène aérien non identifié”.

“Regarde cette chose, mec !” C’est ainsi que, perplexe, un pilote de l’US Navy interpelle son camarade dans les images dévoilées par le Pentagone fin avril dernier. Et pour cause, ce qu’on y aperçoit n’est pas identifiable, même pour des spécialistes de l’aéronautique. 

En 2004 et 2015, des pilotes américains ont été témoins de l’apparition d’Objets Volants Non Identifiés (Ovni) dans le ciel. Des rencontres “radar-visuel”, selon le système de classification de Hynek (méthode de classification des observations d’Ovni exposée en 1972 par l’astronome J. Allen Hynek, NDLR), qui sont étayées par trois vidéos récemment déclassifiées, c’est-à-dire démises de leur caractère top-secret.

Des images troublantes

Sur les images, en noir et blanc, on peut voir l’écran de suivi infrarouge d’un avion de chasse, traquant sa cible. Dans la première vidéo enregistrée en 2004 par la caméra “FLIR1”, une forme allongée se déplace rapidement, puis accélère vivement avant de disparaître.

En 2015, la caméra “Gimbal” filme un nouvel aéronef qui effectue une rotation sur lui-même. Interloqués, les pilotes se demandent dans un premier temps s’il s’agit d’un drone. Il y en a tout un essaim ! La vache, ils vont tous contre le vent ! Un vent d’ouest de 120 nœuds !”, s’exclame ensuite l’un d’eux. 

Toujours en 2015, la caméra “Go Fast” a capturé une forme survolant rapidement les nuages. L’enregistrement témoigne aussi de la réaction des pilotes, surpris par une telle vitesse. 

Les vidéos originales peuvent être téléchargées sur le site du Naval Air Systems Command, une branche de l’US Navy. 

À la suite de ces révélations, les réactions ne se sont pas fait attendre. L’une des plus intéressantes a peut-être été celle de Harry Reid, ex-sénateur du Nevada. L’État abrite des installations militaires ultra-secrètes de l’Armée de l’Air, plus connues sous le nom de Zone 51, liées dans l’imaginaire collectif aux recherches sur les Ovni. Harry Reid donc, s’est déclaré dans un tweet “content que le Pentagone diffuse finalement ces images”. Cependant, selon lui, “cela ne fait qu’égratigner la surface des recherches et de la documentation disponible”. Il ajoute que “les États-Unis doivent jeter un regard sérieux et scientifique à ceci et à toutes les implications potentielles sur la sécurité nationale”, et finit en précisant que “le peuple américain mérite d’être informé”.

Il y a bien quelque chose… mais quoi ? 

Mais pourquoi rendre ces vidéos publiques aujourd’hui ? En fait, les documents avaient déjà fuité entre décembre 2017 et mars 2018. La “To The Stars Academy of Arts & Sciences”, société fondée par Tom DeLonge, ancien chanteur et guitariste du groupe de rock Blink-182, avait publié les enregistrements. L’US Navy avait même confirmé leur authenticité en septembre 2019. Dans un communiqué de presse, le département de la Défense des États-Unis a estimé que “la diffusion autorisée de ces vidéos non classifiées ne révèle aucune capacité ou système sensible et n’empiète pas sur les enquêtes ultérieures relatives aux incursions militaires de phénomènes aériens non identifiés dans l’espace aérien”. L’administration explique aussi que ces vidéos sont publiées “afin de dissiper toute idée fausse du public sur la réalité ou non des images qui ont circulé et sur le fait que ces vidéos ne sont pas complètes”. La déclassification s’expliquerait donc par une volonté de transparence. 

Le Pentagone précise que “les phénomènes aériens observés dans les vidéos restent caractérisés comme non-identifiés”. L’armée américaine se refuse à qualifier le phénomène d’UFO (Unidentified Flying Object), l’équivalent anglais d’Ovni (Objet Volant Non Identifié). En France, le Geipan, un service du Cnes (Centre national d’études spatiales) spécialisé dans la recherche sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, utilise le terme de Phénomène Aérospatial Non-identifié, ou Pan. Un acronyme plus neutre qui permet de ne pas faire de référence à des hypothèses non vérifiables de type extra-terrestres, sous-entendues dans les qualificatifs Ovni/UFO. Pour la première fois, les États-Unis admettent donc l’existence de phénomènes inconnus, tout en restant prudents. Des événements existent, certes, mais admettre cette réalité ne signifie pas pour autant reconnaître l’existence de petits hommes verts. 

Photo : marioschulz / Pixabay