Clap de fin

62 articles, 8347 visiteurs, 19 940 lectures. Pendant près de deux mois, l’équipe de Vues s’est démenée pour vous livrer six jours sur sept de l’information de qualité autour et sur la pandémie. Nous avons commencé cette aventure avec entrain, mus par l’envie d’occuper nos journées confinées, par le besoin de continuer à faire du journalisme, mais aussi par la volonté de faire un pas de côté vis-à-vis de l’actualité. Pendant sept semaines, nous avons fait de notre mieux pour accompagner votre goûter, à 17h. 

Sur le site, sur les réseaux sociaux et de vive voix, nos articles vous ont fait réagir. Peut-être vous ont-ils fait réfléchir, rendu curieux, ouvert de nouveaux horizons. Et si vous lisez ces lignes, ce n’est certainement pas par hasard. Votre soutien et vos encouragements nous ont poussé à mener ce projet jusqu’à aujourd’hui. Quand je dis “nous”, je pense aux 28 journalistes en herbe que nous sommes, qui se cachent subtilement derrière des descriptions toujours pêchues, parfois drôles et farfelues. Je pense aussi à la dizaine d’illustrateurs de talent qui nous ont accompagnés pour sublimer nos mots. C’est ainsi que se compose Vues. 

Nous vous l’avions dit dès le départ, Vues, c’est l’œil en éventail. Je crois que nous avons tenu parole. Vous aurez, cet été, le choix entre une panoplie de sujets à lire ou à relire sur ce site. Pour ne pas oublier que le monde continuait de tourner malgré la crise sanitaire, nous vous avons conté des nouvelles Ni vues ni connues, toutes les semaines. 

Pour vous occuper en confinement et vous donner l’eau à la bouche, nos journalistes cordons bleus vous ont appris à faire des gnocchis et des nems vietnamiens, tout en appréciant un bon film ou en écoutant des morceaux entêtants de blues. 

Au bout de nos rues et aux quatre coins de la planète, nous avons donné la parole à des hommes et des femmes qui vivaient, eux aussi, la pandémie. Nous vous emmené sur un caillou breton, dans des villages de Guadeloupe asséchés, sur les marchés lillois, mais aussi à Taïwan, à Cuba et au Kirghizistan

Comme vous tous, nous avons été piqués au vif par la gestion de la crise, par le quotidien bouleversé, par notre société parfois si étrange et par les personnages qu’elle met en avant de la scène médiatique. Nos Vues de l’esprit dominicales vous ont certainement fait sourire. Si elles vous ont indigné, tant mieux. 

Et puis, il fallait bien commencer à penser le monde d’après… Nous avons essayé de le faire, à notre niveau. Nous avons parlé viande et épidémie, nouvelles technologies, économie et politique, bien sûr. La vérité, c’est que nous n’avons aucune idée de quoi demain sera fait, et nos articles étaient le fruit de cette incertitude. 

Pour le monde, nous ne pouvons espérer qu’une prise de conscience généralisée et des actions concrètes pour s’attaquer au racisme, à l’intolérance, aux discriminations. Nous pouvons espérer la justice et utiliser notre voix et nos mots pour qu’elle triomphe, partout. 

Pour Vues, aussi, l’avenir est encore flou. Vous l’aurez compris, ces mots sont sûrement les derniers que vous lirez de cette équipe soudée et motivée. Désormais déconfinés, chacun sort petit à petit de l’ambiance inédite qui nous a enveloppé pendant trois mois. Il est temps pour nous aussi de tirer notre révérence et de nous envoler vers de nouvelles aventures journalistiques. Nous nous étions fait comme mission d’être une source éphémère d’information. Si le monde reprend petit à petit son cours, Vues doit s’endormir, pour un temps au moins. Peut-être Vues renaîtra-t-il de ses cendres un jour. Tenu par d’autres jeunes journalistes, écrit par d’autres mains, entretenu par d’autres esprits. Vous serez toujours les premiers au courant. Mais pour cela… il faudra garder l’œil grand ouvert.

Illustration : Justine Maurel